RSA en Finistère : 5 ans d’alertes et de propositions
Contre la politique du chiffre, pour une insertion réelle et durable
Depuis 2021, nous faisons face à un choix politique clair du Conseil départemental du Finistère : celui de transformer une politique de solidarité en une politique de contrôle.
Face à cette orientation, nous n’avons jamais été spectateurs. Nous avons été au rendez-vous. Collectivement. Avec constance et surtout avec exigence.
Ce document en témoigne : en 29 étapes, il retrace des années d’alertes, de propositions et de mobilisations portées par les élu·es de Finistère & Solidaires. Des années à refuser la facilité d’une politique du chiffre, qui prétend réduire la pauvreté en réduisant le nombre d’allocataires, sans jamais interroger la réalité des parcours de vie ni la qualité des sorties du RSA.
Dès le départ, nous avons posé une ligne claire : l’insertion ne se décrète pas, elle se construit. Elle demande du temps, de la confiance, des moyens, et une compréhension fine des freins réels auxquels sont confrontées les personnes — santé, logement, mobilité, isolement. Elle ne peut pas être résumée à des objectifs statistiques ou à des logiques de sanction.
Lutter contre la fraude et mettre en place des contrôles est nécessaire pour garantir l’efficacité de l’action publique. Cependant, nous avons dénoncé une politique qui stigmatise, qui fragilise les partenaires associatifs, qui affaiblit les dispositifs de proximité, et qui installe une suspicion permanente à l’égard des plus précaires. Nous avons alerté sur les radiations, sur les contrôles déshumanisés, sur les effets concrets de décisions administratives prises loin des réalités de terrain.
Mais notre engagement ne s’est jamais limité à la critique.
Avec l’ensemble des élu·es du groupe, nous avons porté des alternatives : soutien aux Territoires zéro chômeur de longue durée, défense des missions locales, lutte contre le non-recours, exigence d’évaluations transparentes et qualitatives. Nous avons défendu une vision du Département non pas comme un simple gestionnaire, mais comme un moteur d’innovation sociale.
Car au fond, la question est simple : que voulons-nous faire de la solidarité ? Une variable d’ajustement budgétaire ? Ou un investissement pour la cohésion sociale, la dignité humaine et l’avenir de notre territoire ?
Nous faisons un autre choix.
Nous considérons que la solidarité n’est pas une dépense, mais un investissement. Que l’accompagnement vaut mieux que la sanction. Que la confiance produit davantage de résultats durables que la contrainte. Et que l’action publique doit d’abord partir des personnes, et non des tableaux Excel.
Ce combat, nous le menons avec les acteurs de terrain, avec les travailleurs sociaux, avec les associations, les syndicats, avec les allocataires eux-mêmes. Ce combat est profondément collectif.
Et il est loin d’être terminé. Parce que derrière les chiffres, il y a des vies. Parce que derrière chaque décision publique, il y a une responsabilité.

